Test conducteur de train SNCF : les étapes de l’évaluation d’aptitude
Devenir conducteur de train ne dépend pas d’un test unique. Le parcours comprend plusieurs évaluations réglementées, encadrées par la loi et non par l’employeur : une évaluation médicale, une évaluation psychologique, et un examen de connaissances générales. Cette page décrit chacune de ces étapes, ce qu’elles vérifient et comment elles s’articulent.
Ad POTENTIEL réalise les évaluations médicales et psychologiques d’aptitude à la conduite ferroviaire depuis 2013, par des médecins et des psychologues agréés par le ministère chargé des Transports.
Ce que recouvre « le test conducteur de train »
L’expression désigne en réalité trois évaluations distinctes, qui conditionnent toutes l’obtention de la licence européenne de conducteur de train :
- L’aptitude physique, sanctionnée par le CAPHY, certificat d’aptitude physique délivré par un médecin agréé
- L’aptitude psychologique, sanctionnée par le CAPSY, certificat d’aptitude psychologique délivré par un psychologue agréé
- Les connaissances générales relatives à la conduite des trains, vérifiées par un examen
À cela s’ajoutent, en amont, les épreuves de sélection propres à chaque entreprise ferroviaire — qui, elles, relèvent du recrutement et non de la réglementation.

Le cadre : la licence européenne de conducteur de train

Depuis le 1er juin 2018, tout conducteur doit être titulaire d’une licence européenne de conducteur de train. Elle est délivrée par l’EPSF, l’Établissement public de sécurité ferroviaire, autorité nationale de sécurité.
Ce cadre découle de la directive européenne 2007/59/CE, transposée en droit français par l’arrêté du 6 août 2010. Une conséquence importante pour les candidats : les critères d’aptitude sont fixés par la loi, pas par la SNCF ni par aucun employeur. Ils sont identiques chez tous les opérateurs ferroviaires.
La licence est personnelle — elle appartient au conducteur, pas à l’entreprise — et valable dix ans, sous réserve du maintien des conditions d’aptitude. Elle est enregistrée au Registre national des licences.
Conduire un train sans licence en cours de validité est passible d’un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
Le CAPHY : l’évaluation d’aptitude physique
L’examen médical est réalisé par un médecin agréé par le ministère chargé des Transports. Il vérifie que l’état de santé du candidat est compatible avec les exigences de la conduite : vision, audition, état cardiovasculaire, absence de pathologies incompatibles avec la vigilance, et dépistage de consommation de substances.
Cette visite est renouvelée périodiquement tout au long de la carrière. En cas de traitement médicamenteux, le conducteur est tenu d’en informer le médecin.
Le CAPSY : l’évaluation d’aptitude psychologique
C’est l’étape la plus souvent redoutée, et celle sur laquelle échouent le plus de candidats — y compris des profils solides sur le plan technique.
Elle est conduite par un psychologue agréé et dure de 2 h 30 à 3 h pour un poste de conduite. Elle combine des épreuves sur informatique et sur papier, suivies d’un entretien.
Ce qui est évalué : les aptitudes attentionnelles, les fonctions cognitives, les aptitudes psychomotrices, la gestion des situations complexes et du stress, et les traits de personnalité pertinents pour la sécurité — rapport à la règle, capacité à alerter, réaction face à l’imprévu, gestion de la routine.
Le détail du déroulement de cette évaluation est décrit sur notre page consacrée au test psychotechnique ferroviaire.
Après la licence : l’attestation complémentaire
La licence atteste que vous remplissez les conditions générales pour conduire. Elle ne suffit pas à prendre les commandes d’un train.
Il faut y ajouter une attestation complémentaire harmonisée, délivrée par l’entreprise ferroviaire, qui précise les types d’engins que vous êtes habilité à conduire et les lignes que vous connaissez. Contrairement à la licence, cette attestation appartient à l’employeur et se perd en cas de changement d’entreprise — elle doit alors être reconstituée.
Le renouvellement et le suivi
La licence est valable dix ans, mais les aptitudes font l’objet d’un suivi périodique bien plus fréquent, selon un rythme fixé par la réglementation.
Certains événements déclenchent une réévaluation : un arrêt de travail de plus de trois mois, un incident de sécurité, ou le retrait temporaire des fonctions de conduite. Dans ces situations, un examen diagnostic peut être organisé avant la reprise.
En cas d’inaptitude
Un avis d’inaptitude, médical ou psychologique, n’est pas une décision définitive.
L’arrêté du 6 août 2010 prévoit le fonctionnement d’une Commission ferroviaire d’aptitude, instance de recours pour les conducteurs contestant un avis. Les modalités et les délais de saisine sont précis : rapprochez-vous de votre service RH, de votre gestionnaire de licence ou de votre médecin du travail dès la notification.

Marie Josso, présidente d’Ad POTENTIEL, siège à la Commission ferroviaire d’aptitude.
Questions fréquentes
Quel diplôme faut-il pour devenir conducteur de train ?
Aucune filière n’est imposée par la réglementation. Les exigences portent sur les aptitudes et les connaissances générales, pas sur le type de baccalauréat. Les reconversions professionnelles sont fréquentes dans ce métier.
Combien de temps dure l’évaluation psychologique ?
De 2 h 30 à 3 h pour un poste de conduite. Prévoyez large sur votre journée.
Peut-on s’entraîner aux tests ?
Non. Les épreuves mesurent des aptitudes stables que l’entraînement ne modifie pas significativement. Ce qui compte réellement : arriver reposé, et signaler tout traitement ou événement personnel en début de séance.
La licence est-elle valable chez tous les opérateurs ferroviaires ?
Oui. La licence est personnelle et vous suit d’une entreprise à l’autre. En revanche, l’attestation complémentaire, qui précise engins et lignes, est propre à chaque employeur.
Que se passe-t-il après un arrêt de travail long ?
Un arrêt supérieur à trois mois entraîne une demande de mise à jour de l’aptitude. Une réévaluation médicale, psychologique ou les deux peut être organisée avant la reprise de la conduite.
Peut-on contester un avis d’inaptitude ?
Oui. Une commission de recours existe. Renseignez-vous sans attendre auprès de votre service RH ou de votre gestionnaire de licence, les délais étant encadrés.
Où passer ces examens ?
Auprès d’un médecin et d’un psychologue agréés par le ministère chargé des Transports. Ad POTENTIEL réalise ces évaluations sur ses sites en France et directement sur les sites de ses clients.
